Histoires de courtiers

Les versions les plus diverses circulent sur l’étymologie du mot courtier. Il serait « celui qui prend soin », du latin cura torius. Le grec le crédite d’une fonction de « conciliateur des marchés ». A Rome, on loue ses multiples allées et venues, comme sous l’Ancien Régime...

L’actuelle définition n’est-elle pas la somme de tout ce qui précède?

Les courtiers constituent une corporation dont on retrouve trace dans un édit de Saint-Louis datant de 1243 qui, déjà, interdisait aux courtiers de participer personnellement à une affaire. Alors qu’un édit de Charles VI jette les bases de la réglementation de la profession en 1415 , cinq siècles plus tard la loi de décembre 1949 réitère l’interdiction faite aux courtiers d’exercer commerce.

La contribution des courtiers à la civilisation du vin ne date pas d’hier. C’est un certain Labadie, courtier de son état qui, le premier, dressa une nomenclature des vins de Bordeaux en 1776 à la demande de l’intendant de la Généralité de Guyenne. Etablie par paroisse et par prix, elle présentait déjà une grande nouveauté par rapport à celle publiée alors par la Jurade de Bordeaux, qui ne recensait que les « prix mis aux vins de la sénéchaussée et pays bordelais ».

Succédant à Labadie et au courtier Jarride, auteur d’un autre classement en 1828 , d’autres courtiers répondirent à la demande de Napoléon III en établissant ce « monument historique » qu’est le Classement de 1855 pour les vins du Médoc et du Sauternais. Plus prés de nous les classements de Saint Emilion, des Graves, des Crus Bourgeois et Artisans du Médoc ont largement fait appel à leur compétence.

Une référence, un témoignage de plus de l’influence prépondérante des courtiers sur la célébrité des crus de Bordeaux, aujourd’hui comme hier. Le monde du vin envie l’histoire et la réalité des cour tiers de la Place de Bordeaux, derniers sages et grands seigneurs...

pages : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11