L'homme de goûts

Lorsqu'en 1739, Abraham Lawton quitta son fief de cork pour s'établir en terre d'Aquitaine, se doutait-il que le premier bureau de courtage de Bordeaux qu'il allait créer serait encore aujourd'hui au cœur de la modernité du monde du vin ?


D ‘après la “Chronique bordelaise” édition de 1566 : les courtiers ayant été institués afin de conduire les acheteurs dans les vignobles.
D ‘après la “Chronique bordelaise” édition de 1566 : les courtiers ayant été institués afin de conduire les acheteurs dans les vignobles.

Courtiers en vins. Un terme peu connu de l'amateur, et pourtant essentiel au paysage du vignoble bordelais.
Un métier qui puise ses racines dans près de trois siècles d'histoire, mais dont la complexité reflète celle du marché dans lequel elle s'exerce.
Y aurait-il ainsi autant de réalités qu'il y a de courtiers ? Quel est donc le lien qui unit tel grand bureau de courtage que les professionnels de la Place de Bordeaux consultent par internet, avec ce courtier de campagne qui arpente les rangs de vignes de bon matin ? Beaucoup plus qu'il n'y paraît !

L'homme est le maillon grâce auquel propriétaire et négociant, les deux protagonistes plus «évidents» du sérail bordelais, voient se rejoindre leurs intérêts à la fois divergents et convergents. Tous trois se connaissent bien, s'estiment, se respectent. Et cependant nul n'est mieux qualifié que le courtier pour offrir son conseil souvent salutaire. Ses relations d'affaire sont naturellement empruntes de réserve et de discrétion. N'étant pas partie prenante, il peut être juge et arbitre. En toute humilité.

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